Facebook, MySpace, LinkeInd, Hi5, Friendster, Orku, Bebo
Le phénomène des réseaux sociaux
Publié le 15 août 2009
Réseaux sociaux : il n'est sans doute pas trop fort de parler de véritable phénomène. Mais à quoi servent-ils exactement ? En quoi vont-ils modifier nos comportements ? Il est certainement bien trop tôt pour le savoir d'autant que les technologies sous-jacentes évoluent à grand pas et modifient leurs usages. Largement diffusés dans le grand public, les réseaux sociaux, Facebook en particulier, font leurs premiers pas dans les entreprises, tout particulièrement avec l'arrivée de la GenY qui les utilise déjà depuis longtemps à titre personnel. Mais pour quoi faire ? A quoi peuvent-ils servir dans le cadre professionnel ? Font-ils partie réellement des outils du knowledge worker de ce début du 21e siècle ?
Le succès planétaire de Facebook est indiscutable, même si le modèle économique n'a pas encore fait ses preuves. Le réseau social bénéficie de la loi de Reed qui entend représenter la valeur d'un ensemble dans lequel peuvent se former toutes les communautés. Un petit retour sur la théorie des ensembles nous avait appris que l'ensemble des parties d'un ensemble E à n éléments est égal à 2 élevé à la puissance n. Cette loi de Reed est beaucoup plus rapide que la loi de Metcalfe qui ne prend pas en compte que la possibilité pour un membre du réseau de toucher tous les autres individuellement. Pour le dire plus simplement, le succès dans un réseau social appelle encore plus de succès. Et celui qui arrive significativement en tête le premier prend un avantage décisif sur ses concurrents qu'il leur sera très difficile de combler. Ou encore selon l'expression américaine « the winner takes all » et, comme continue la chanson du groupe ABBA, « the loser standing small ». MySpace, LinkeInd, Hi5, Friendster, Orku, Bebo sont-ils voués à vérifier cette dure loi ?
Phénomène, le mot n'est pas trop fort pour Facebook. Quelques chiffres suffisent pour s'en convaincre (voir ci-dessous). D'après le rapport du mois de Juin de Nielsen Online sur l'usage des différents services web, Facebook est le 6e site le plus visité et le 1er en temps passé aux Etats-Unis devant Google, Yahoo, eBay, Amazon.
Quel est l'impact de Facebook dans la vie privée ? Le phénomène est beaucoup trop récent pour tirer quelques conclusions que ce soit. La revue canadienne vient de publier un article sur l'effet de Facebook sur la stabilité des couples (More Information than You Ever Wanted: Does Facebook : Bring Out the Green-Eyed Monster of Jealousy?). La principale conclusion de cette étude n'est pas très engageante : le temps passé (on vient de voir qu'il est très important) à visualiser l'activité de son conjoint sur le réseau social aurait tendance à augmenter la jalousie et la suspicion. Avec une corrélation positive entre temps passé et jalousie.
Autre problème qu'est en train de rencontrer Facebook : l'arrivée des classes d'âges plus anciennes. D'après les statistiques du cabinet iStrategy, sur les six premiers mois de l'année aux Etats-Unis, les 18-24 ans sont en très faible augmentation (4,8 %) alors que les 35-54 ans ont largement augmenté (190 %) et que les plus de 55 ans ont explosé (514 %).
Dans certains milieux, Facebook et Twitter ne sont pas sans poser quelques problèmes. Ainsi, le corps des Marines américains a réitéré l'interdiction à ses membres d'utiliser ce type de réseaux sociaux en raison du risque qu'ils pouvaient représenter, procurant notamment des informations à des personnes mal intentionnés ou out simplement à des ennemis.
De la Maison Blanche à l'Elysée
Facebook, une application ludique réservée aux jeunes ? Outre le fait que, comme on vient de le voir, que son utilisation se généralise dans toutes les classes d'âges, une telle question n'est plus du tout d'actualité. Le réseau social a été une des pièces maîtresses de la stratégie Internet qui a conduit Barack Obama à la victoire des élections présidentielles américaines. Aujourd'hui, la Maison Blanche est très active sur le réseau social pour communiquer, toucher et échanger avec les citoyens américains et même monde entier (la page Facebook de la Maison Blanche compte 312 938 fans - subtil distinguo avec le terme friend (voir la tribune de ce jour). Mais attention, ce n'est là pas un canal officiel : « Welcome to our Facebook page. If you're looking for the official source of information about the White House, please visit www.whitehouse.gov », précise un message sur la page d'accueil.
En France, notre président de la République vient récemment de mettre les bouchées doubles pour rattraper son retard. Le chef de l'Etat vient de réaffirmer sa stratégie Internet, sans doute en vue des élections de 2012. Déjà le site Internet de l'Elysée avait été considérablement changé par rapport à celui de son prédécesseur qui était plus proche de la plaquette institutionnelle que d'une plate-forme d'échanges. Pour passer la vitesse supérieure, depuis quelques semaines, le chef de l'Etat alimente sa page Facebook beaucoup plus régulièrement. Et c'est parfois un peu pitoyable.
Par exemple, l'interview de Carla Bruni-Sarkozy par des journalistes du magazine Femme actuelle où « chouchou » arrive à l'improviste et engage la conversation avec ces dames. Génial lui répond Carla lorsque Nicolas lui raconte qu'il vient de rencontrer le premier ministre d'Irak et qu'il sortait de sa douche parce qu'il avait fait du sport (Interview de Carla Bruni-Sarkozy par des journalistes de Femme Actuelle). Mais il faut croire que ça plait à une partie de l'électorat. Nicolas Sarkozy a réussi à ce jour à réunir 146 416 supporters, pas si mal !
Dans cette quête au nouveau graal de la communication dans le cyberespace, le service de l'Elysée serait allé récemment aux Etats-Unis passer une quinzaine de jours pour voir comment fonctionner la Maison Blanche dans ce domaine. Et Twitter ? A ce jour, le chef de l'Etat ne souhaite pas rythmer sa vie professionnelle à la publication en temps réel de ses moindres faits et gestes. Du coté de l'UMP, un nouveau réseau social baptisé les créateurs du possible devrait être lancé à l'automne pour alimenter la communication, animer les débats...
Et dans l'entreprise ?
Mais ce qui est bon pour les particuliers ou dans l'espace politique, l'est-il aussi pour les entreprises ? Du côté de l'offre, de nombreux fournisseurs incluant Oracle, Salesforce.com, RightNow et d'autres ont annoncé une intégration avec différentes solutions de réseaux sociaux. Avec comme objectif d'améliorer les ventes, le marketing ou le service client.
SAP AG et LinkedIn viennent d'annoncer un accord marketing afin de soutenir le recrutement des partenaires PME de SAP. Avec plus de 140 000 consultants SAP utilisant LinkedIn, cet accord permettra de fournir aux partenaires de l'éditeur sur le segment des petites et moyennes entreprises des méthodes de recrutement évoluées afin de trouver les meilleurs talents. Il s'agit de la première annonce de collaboration faite depuis le rapprochement stratégique annoncé en octobre 2008, lorsque SAP Ventures, une division de SAP AG, avait investi dans LinkedIn Corporation.
Mais à ce jour, sur le terrain, on est encore à l'expérimentation et au tâtonnement. Et l'on a encore bien peu de recul. Une enquête intitulée Facebook: Measuring the cost to business of social notworking et réalisée par le cabinet Nucleus Research (auprès de 250 salariés ce qui est relativement faible) ne donne pas des conclusions très positives.
Parmi les principaux résultats de cette étude :
- 77 % des personnes interrogées ont un compte Facebook ;
- Sur les personnes ayant un compte Facebook, deux sur trois accèdent à leur compte au travail, en moyenne 15 minutes par jour ;
- 87 % des membres du réseau social qui accèdent à leur compte durant le travail ne peuvent pas vraiment donner une raison professionnelle de le faire ;
- Des personnes qui accèdent à leur compte au travail, 6 % ne le font qu'au travail et nul part ailleurs, signifiant qu'un salarié sur 33 alimente son compte exclusivement au travail.
Social networking ou social notworking ?
Et le cabinet Nucleus Research se livre à un petit calcul pour savoir l'impact du réseau social dans le fonctionnement de l'entreprise (voir tableau ci-dessous).

Etant donnés les pourcentages de personnes ayant un compte Facebook, ceux qui accèdent à leur compte sur leur lieu de travail, et le temps moyen de consultation, le cabinet calcule une perte de productivité de 1,5 % pour l'entreprise. Au-delà des chiffres, on connait les limites de ce type de calcul qu'on pourrait répéter à l'infini : combien de temps perdu par les gens qui doivent désormais sortir de leur bâtiment pour fumer ? par ceux qui vont à la machine à café ?
Parmi les autres tendances relevées par Nucleus, l'utilisation croissance de Facebook pour envoyer des messages en lieu et place d'une solution de messagerie électronique. Une des raisons, selon le cabinet, est que Facebook ne fait pas l'objet de supervision de la part de l'entreprise ce qui n'est pas toujours le cas de la messagerie électronique. Autre impact, le mélange encore plus intime entre vie personnelle et vie professionnelle qui peut dans certains cas poser quelques problèmes et avoir un impact sur l'entreprise. De même, les réseaux sociaux, blogs et autres activités sur le Web peuvent avoir une influence, positive ou négative, en vue d'une embauche ou d'une promotion.
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Quelques chiffres sur Facebook (source : Facebook)
Situation actuelle générale
- Plus de 250 millions d'utilisateurs actifs (membres qui ont utilisé leur profil dans les 30 derniers jours)
- Plus de 120 millions se connectent au moins une fois par jour
Engagement utilisateur
- Un utilisateur moyen a 120 amis sur Facebook
- Chaque jour, plus de 5 milliards de minutes sont passées sur le site dans le monde
- Plus de 30 millions d'utilisateurs mettent leurs statuts à jour au moins une fois par jour
- Plus de 8 millions d'utilisateurs deviennent fans de « pages » chaque jour
Applications
- Plus d'un milliard de photos chargées chaque mois
- Plus de 10 millions de vidéos chargées chaque mois
- Plus d'un milliard de contenus partagés chaque semaine (hyperliens, histoires, posts, notes, photos, etc.)
- Plus de 2,5 millions d'événements créés chaque mois
- Plus de 45 millions de groupes actifs
Croissance Internationale
- Plus de 50 traductions du site sont disponibles, et plus de 40 sont encore en développement
- Plus de 70% des utilisateurs de Facebook sont hors des Etats-Unis
Plateforme
- Plus d'un million de développeurs et entrepreneurs de plus de 180 pays
- Chaque mois plus de 70% des utilisateurs s'inscrivent à des applications
- Plus de 350 000 applications actuellement disponibles
- Plus de 200 applications ont plus d'un million d'utilisateurs actifs par mois
- Plus de 15 000 sites internet ont implémenté Facebook Connect depuis son lancement en décembre 2008
- Plus de 30 millions d'utilisateurs actifs accèdent à Facebook depuis leur mobile
50 ans de Silicon Valley
Facebook : l'explosion des réseaux sociaux
Une étude intéressante de Fabernovel Consulting qui date de 2007