Dans un contexte de crise financière où les principales valeurs boursières des géants américains de l'informatique sont chahutées, il est intéressant de se poser les questions suivantes : à quoi pourrait ressembler l'informatique sans ces gros mammouths et quels seraient les impacts pour les acteurs français ?
Ce questionnement est d'autant plus pertinent que l'actualité financière rejoint l'actualité du marché informatique. En effet, j'ai abordé dans une récente chronique les profondes mutations en cours du marché informatique qui laissent augurer l'apparition de l' « informatique durable ». Cette nouvelle ère serait basée sur l'explosion des PC « légers » qui prendraient le relais d'une puissance galopante et inutilisée sur le poste de travail de la plupart des utilisateurs, la centralisation des ressources serveurs pour en assurer une gestion industrialisée et le développement des offres de type SaaS (Sofware as a Service) qui apportent un résultat aux entreprises sans mobiliser de ressources.
En toute logique, cette nouvelle ère est naturellement bénéfique aux entreprises qui ont accès à des services plus efficaces et aux utilisateurs qui bénéficient d'un meilleur support. Force est de constater qu'en dépit de ces promesses, cette évolution tarde à se concrétiser dans les entreprises et également que les acteurs de cette nouvelle ère informatique ne sont généralement pas issus de l'Hexagone.
Ne faut-il pas y voir une exception à la française d'un côté le manque de pragmatisme des entreprises qui permet à bon nombre de dinosaures du marché IT de maintenir des solutions obsolètes, de l'autre le manque de confiance dans le potentiel d'innovation des nouveaux acteurs français qui empêche leur développement ?
Les acteurs majeurs étrangers ont bien compris qu'à défaut de convaincre de l'utilité de leurs solutions grâce à une approche pragmatique, la confiance s'acquiert grâce à un programme marketing bien ficelé et financé par des moyens conséquents. Polémique inutile me direz-vous ! Pas forcément à en croire les différentes initiatives gouvernementales successives pour soutenir les startups françaises jugées trop faibles face à la compétitivité internationale.
Les mammouths ne sont-ils donc pas une vision française des géants de l'industrie informatique qui, non contraints par la demande des entreprises de coexister avec de jeunes entreprises innovantes, poursuivent paisiblement leur voie ? D'ailleurs, les quelques startups françaises qui ont émergées ont souvent fait le choix de se développer historiquement en dehors de l'Hexagone.
La crise financière actuelle est logiquement favorable aux offres innovantes qui apportent des gains significatifs aux entreprises. En outre, le climat général lié aux marchés financiers peut constituer une opportunité pour les startups françaises généralement sous-capitalisées, en remettant à l'honneur leur potentiel réel de créativité. Au royaume des fournisseurs traditionnels, les vents financiers vont-ils permettre l'apparition de nouvelles espèces ?
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